samedi, février 10, 2007

Hamas et Fatah signent un accord sur un gouvernement d'union nationale


Les mouvements palestiniens rivaux Fatah et Hamas ont signé jeudi soir à La Mecque un accord sur un gouvernement d'union nationale et son programme politique, visant à mettre fin aux violences meurtrières intestines et sortir les territoires de la crise.
Après deux jours d'intenses discussions, le président palestinien Mahmoud Abbas du Fatah et le chef en exil du mouvement islamiste Hamas, Khaled Mechaal, ont paraphé le document lors d'une cérémonie officielle en présence du roi Abdallah d'Arabie saoudite, à l'initiative de la rencontre.
L'accord interdit l'effusion "du sang palestinien", "affirme l'unité nationale et adopte le dialogue comme seul moyen pour le règlement des conflits", selon la lecture du document faite par Nabil Amr, conseiller de M. Abbas.

Le président palestinien a chargé le Premier ministre sortant Ismaël Haniyeh, issu du Hamas, de prendre la tête du gouvernement d'union, a ajouté M. Amr, en lisant un deuxième document faisant état de cette nomination.

Dans ce document, M. Abbas appelle le futur gouvernement à "respecter la légalité internationale et les accords conclus par l'Organisation de libération de la Palestine (OLP)", selon Nabil Amr.

Il s'agit de l'unique référence à la question de la reconnaissance d'Israël et des accords conclus antérieurement entre les Palestiniens et l'Etat hébreu, point d'achoppement des discussions précédentes.
Le Hamas refusait en effet de renoncer à la violence et de reconnaître le droit d'Israël à l'existence, ainsi que les accords passés entre l'OLP et l'Etat hébreu, comme l'exige le Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, ONU, Russie et UE).

Ce refus du Hamas a entraîné la suspension des aides financières occidentales directes à l'Autorité palestinienne, menaçant celle-ci d'asphyxie.

"J'espère que nous mettrons fin aux actes dont nous avons honte (...) et que nous nous engageons dans une action sérieuse pour la libération de notre patrie", a ensuite déclaré M. Abbas, en référence aux affrontements interpalestiniens qui ont fait 67 morts depuis le 25 janvier.

Khaled Mechaal s'est pour sa part engagé "devant Dieu et devant la nation islamique (...) à respecter cet accord". "Notre engagement est total", a-t-il répété.

Lors de la cérémonie de signature, le roi Abdallah s'est félicité de l'accord, qualifié d'"honorable", saluant les signataires pour "s'être hissé à la hauteur de leur responsabilité (...) en arrêtant l'effusion du sang et en réalisant l'unité nationale".

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a salué cette avancée et s'est "réjoui de l'annonce, à La Mecque, d'un accord sur un gouvernement d'union nationale et (a) applaudi l'initiative (...) du roi Abdallah (espèrant) que cet accord (mettrait) fin aux violences et (permettrait) d'assurer un meilleur avenir au peuple palestinien".

A Washington, un porte-parole du département d'Etat a indiqué que les Etats-Unis ne pouvaient réagir sans connaître les détails sur "la composition ou le programme politique" du nouveau gouvernement palestinien, qui doit, a-t-il dit, respecter les trois conditions posées par l'Occident: reconnaissance du droit d'Israël à exister, renoncement à la violence et reconnaissance des accords passés avec l'Etat juif.

Dans la bande de Gaza, l'accord a été salué par des salves d'armes automatiques, tandis qu'Israël restait prudent. "Ce cabinet devra renoncer à la violence, reconnaître Israël, et reconnaître les accords signés entre Israël et les Palestiniens", a répété Miri Eisin, porte-parole du Premier ministre israélien Ehud Olmert.
Réunis à La Mecque depuis mercredi, les deux délégations avaient mis en place la nuit dernière trois groupes de travail chargés de trouver des solutions aux problèmes à résoudre pour parvenir à un accord.
Le premier groupe de travail, chargé de la composition du gouvernement d'union nationale, avait convenu de confier la direction du futur gouvernement à Ismaïl Haniyeh, et de lui adjoindre un vice-Premier ministre choisi au sein du Fatah et nommé par Mahmoud Abbas.

Le groupe de travail a attribué neuf ministères au Hamas, six au Fatah, quatre à des représentants des quatre autres blocs parlementaires Conseil législatif palestinien (CLP, Parlement) et trois à des indépendants.
Le ministère des Affaires étrangères devrait ainsi revenir à Ziad Abou Amr, et le ministère des Finances à Salam Fayadh. Le ministre de l'Intérieur, également un indépendant, sera nommé par le Hamas à condition qu'il ait l'aval de Mahmoud Abbas.

Les deux autres groupes de travail portaient sur le programme politique du gouvernement et sur l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine).
Par Suleiman NIMR et Nasser ABOU BAKR
Source : Yahoo! Actualités

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mardi, février 06, 2007

Gaza: Mahmoud Abbas rencontre le chef du Hamas à La Mecque


Le président palestinien Mahmoud Abbas et le chef du Hamas Khaled Mechaal entament mardi un dialogue crucial à La Mecque pour tenter de sceller un accord sur un gouvernement d'union et faire cesser les violences partisanes dont la dernière vague a fait plus de 60 morts.

A la veille de ces discussions sous les auspices de l'Arabie Saoudite, le dernier cessez-le-feu en date, annoncé vendredi, était largement respecté lundi dans la bande de Gaza par le Fatah, le parti de M. Abbas, et le Hamas, le mouvement islamiste qui contrôle le gouvernement depuis mars 2006.

Soixante-six Palestiniens ont été tués -dont trois ont succombé lundi à leurs blessures- dans des combats entre activistes des partis rivaux depuis le 25 janvier, dans les violences les plus meurtrières de ces derniers mois dans la bande de Gaza, sur fond de crise politico-financière sans précédent.

Mardi soir à La Mecque, premier lieu de l'islam dans l'ouest du royaume saoudien, MM. Abbas et Mechaal tenteront de surmonter les divergences qui ont empêché la formation d'un cabinet d'union en dépit de plusieurs mois de dialogue.

Le Premier ministre issu du Hamas, Ismaïl Haniyeh, sera aussi du voyage alors que les pourparlers continuent de buter sur les questions-clés des relations avec Israël et de la répartition des portefeuilles dans un gouvernement d'union.

Le refus du Hamas de reconnaître le droit d'Israël à l'existence et les accords passés entre l'OLP et l'Etat hébreu, comme l'exige le Quartette (ONU, Etats-Unis, Europe, Russie), ont entraîné la suspension des aides financières occidentales directes, laissant les territoires palestiniens au bord de l'asphyxie.

"Nous nous rendons à La Mecque armés d'une sincère volonté de parvenir à un accord mettant fin à la crise, renforçant l'unité et conduisant à la mise en place d'un gouvernement d'union nationale", a déclaré M. Haniyeh lundi lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement.

"Nous n'avons pas d'autre choix que de parvenir à un accord et si nous y travaillons sincèrement, en faisant prévaloir les intérêts de notre peuple, je suis sûr que nous allons réussir", a-t-il ajouté.

Pour le chef du groupe parlementaire du Fatah, Abbas Al-Ahmad, tout accord doit être "basé sur le programme politique de l'OLP". "Le gouvernement doit respecter ce programme ainsi que les accords passés pour nous permettre notamment d'obtenir la levée du blocus", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Il faut couper l'herbe sous les pieds d'Israël qui prétend qu'il n'existe pas de partenaire palestinien avec qui négocier", a ajouté M. Ahmad qui devait accompagner M. Abbas à La Mecque.

Dimanche, M. Mechaal, chef du bureau politique du Hamas en exil à Damas, a souhaité "un véritable partenariat entre le Fatah et le Hamas", affirmant qu'il était "interdit d'échouer". M. Mechaal avait eu, le 21 janvier à Damas, une premier rencontre infructueuse avec M. Abbas.

Selon lui, le cessez-le-feu entre les deux mouvements est un "minimum, un point de départ". Les efforts déployés doivent conduire à "un gouvernement d'union".

Selon le représentant palestinien en Arabie Saoudite, Jamal Al-Chobaki, la rencontre aura lieu dans un palais de hôtes à La Mecque et "aucune limite de temps" n'a été fixée pour les discussions.

"Les frères saoudiens feront tout pour que les participants ne rentrent pas sans un accord", a-t-il ajouté.

L'initiative du roi Abdallah d'accueillir cette réunion de conciliation entre M. Abbas et le Hamas à La Mecque avait été annoncée le 28 janvier et les deux parties l'avaient immédiatement acceptée.

Par Sakher ABOU EL-OUN
Source : Yahoo! Actualités

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mardi, janvier 30, 2007

Vista de Microsoft devient le nouveau visage des micro-ordinateurs

A partir de ce mardi, la plupart des nouveaux micro-ordinateurs vendus dans le monde seront équipés de Vista, le nouveau système d'exploitation de Microsoft, un pari majeur pour le groupe et un changement d'habitude pour des centaines de millions de consommateurs.Le patron et fondateur de Microsoft Bill Gates a lancé en fanfare lundi après-midi à New York son nouveau système d'exploitation, Vista.

"Vista est la clé de la nouvelle ère digitale", a affirmé M. Gates devant plusieurs centaines de journalistes, que le groupe avait invité dans un théâtre de Broadway spécialement reservé pour cette occasion.

Pour promouvoir Vista, Microsoft a lancé "la plus grande campagne de marketing jamais réalisée", a assuré le responsable de la communication JB William, et prévoit 6,6 milliards de visiteurs dans 20 pays (cumul de l'audience des spots télévisés, de l'affichage, d'internet, des publicités au cinéma et dans la presse).


Au Japon, plusieurs centaines de personnes ont fait la queue mardi à minuit (15H00 GMT) pour être les premiers à acquérir Windows Vista.


Vista, jugé par les experts plus pratique et fiable, mais pas révolutionnaire, a été une entreprise colossale: il a coûté à Microsoft 6 milliards de dollars pour ses 5 années de développement, a révélé Bill Gates début janvier. Outre un nouvel aspect graphique, il inclut de nombreux logiciels: montage vidéo, navigation internet, e-mail, agenda, etc.


Lancé dès fin novembre pour les entreprises, c'est la version la plus aboutie de la série des logiciels Windows, moteurs de plus de 95% des quelque 900 millions de micro-ordinateurs mondiaux.


Concrètement, les nouveaux PC, portables ou non, seront progressivement tous prééquipés de Vista, quelque soit leur marque -- sauf les "Mac", les ordinateurs du rival Apple, qui tournent sous un système différent. Le prix affiché d'un ordinateur inclut à la fois la machine et le logiciel.


Toute la question est de savoir à quel rythme les particuliers et les entreprises adopteront Vista et des ordinateurs assez puissants pour lui.


Selon le cabinet IDC, Microsoft devrait en vendre 100 millions d'exemplaires dès 2007, équipant ainsi près de 10% du parc mondial d'ordinateurs.


Vista remplacera les versions précédentes de Windows, surtout XP, sortie en 2001, utilisée par 87% des PC mondiaux, selon le cabinet OneStat.


Windows domine la micro-informatique grand public: son seul rival, Apple (système d'exploitation MacOS) n'a conquis que 3% à 5% du parc -- même s'il a un peu grimpé ces derniers mois-- et les logiciels libres, comme Linux, moins de 1%.


Pour Microsoft, l'enjeu est crucial, car les logiciels Windows représentent environ 30% de son chiffre d'affaires (13 milliards de dollars sur 44 milliards en 2005-2006) et les deux-tiers de son bénéfice d'exploitation (10 milliards sur 16 milliards).


Vista devrait mécaniquement accroître ses profits, car si la version basique coûte le même prix que XP (199 dollars), la version Premium, celle qui offre les vraies nouveautés, coûte 239 dollars, 20% de plus. Microsoft espère qu'au moins 60% des clients choisiront la version Premium.


Certains analystes prévoient que Vista rapportera à Microsoft 4 milliards de dollars supplémentaires dès 2007 et génèrera 70 milliards de dollars pour le secteur informatique mondial, ainsi que des dizaines de milliers d'emplois.


Ce sont "les meilleurs 6 milliards que j'aie jamais dépensés", a lancé Bill Gates début janvier devant quelques journalistes.


Microsoft, les fabricants comme HP et Dell, ainsi que les détaillants espèrent un grand redémarrage du secteur, ralenti par la guerre des prix.


Le retard de Vista, qui devait initialement sortir l'an dernier, a pesé sur les résultats de Microsoft fin 2006, car les consommateurs ont différé l'achat d'ordinateurs.


Microsoft lancera aussi mardi pour le grand public Office 2007, la nouvelle version de ses logiciels bureautiques (traitement de texte Word, tableur Excel), son autre produit-phare.
En cumul, les versions de Windows et d'Office représentent les deux-tiers de ses ventes et 90% de ses bénéfices.


Microsoft sort enfin mardi les versions internationales de son logiciel antivirus OneCare, sorti aux Etats-Unis en mai, une entrée en force sur ce marché qui concurrencera les leaders, Symantec et MacAfee.
Certains analystes prédisent toutefois que Vista sera l'apogée de Microsoft et des 22 ans d'histoire de Windows.


Fleurissent en effet sur internet de multiples logiciels gratuits, financés par la publicité. D'autre prédisent la prééminence des appareils mobiles.


Discrètement, Apple prépare le lancement au printemps de son nouveau système d'exploitation, appelé Leopard, qui se veut plus innovant que Vista.


Par Laurence BENHAMOU
Source : Yahoo! Actualités

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mardi, janvier 23, 2007

Anfgou (Province de Khénifra) : La mort continue de frapper sur le toit du Maroc

À cause d’une « maladie mystérieuse », plus d’une vingtaine de bébés et deux adultes sont morts à Anfgou. Dans ce douar « enterré vivant », les enterrements se succèdent et se ressemblent (Voir la vidéo).



envoyé par zainabi

ANFGOU Aït Âmmar Ahemmi. Cette appellation désigne un douar de la province de Khenifra exilé au milieu des montages du Haut Atlas oriental. C’est ici, à 1.600 mètres d’altitude, que la mort noire frappe en silence depuis près de deux mois. Elle a fait jusqu’au dimanche 7 janvier au soir, 26 victimes : 24 enfants de 3 à 14 mois et deux mamans de 16 et 17 ans. Le dernier décès a été enregistré le vendredi 5 janvier. Ce jour-là, un bébé de quatre mois, Mohamed Bouazza, est mort.

Le petit Mohamed et les autres sont décédés après avoir vu leur état de santé se dégrader rapidement à cause d’un refroidissement. Pour la plupart, ils sont partis sans avoir pris de médicaments ni consulté de médecin de toute leur vie. Pour la plupart, ils n’ont jamais été vaccinés. Pour la plupart, ils ne savent pas à quoi ressemble un vaccin, un médecin, un hôpital, une vraie vie...

Un exil nommé Anfgou

À Anfgou, pour 1500 habitants, il n’y a ni hôpital ni Centre de santé, ni médecin, ni infirmier. Il n’y a ni ambulance ni sapeurs-pompiers. Il n’y a ni téléphone fixe ni réseau pour le téléphone mobile. Il n’y a pas de gendarme non plus. Le seul représentant de l’autorité de Rabat sur la localité est le garde forestier.

L’eau est ici rare et l’électricité inexistante parce que trop coûteuse pour une population qui vit, avec dignité, dans l’indigence la plus absolue.

Ce qu’il y a par contre dans cette région : de nombreux polygames, une progéniture abondante, une cédraie à perte de vue, le chêne vert par endroits, des mules surexploitées, des mouflons que personne n’a le droit de chasser, des sangliers mangeurs de pommes de terre, une classe délabrée qui sert d’école primaire et un cimetière « artisanal » qui s’étend de jour en jour à l’orée de masures couleur de terre. Cet endroit macabre est le plus fréquenté ces jours-ci.

« La maladie mystérieuse emporte les nôtres comme le vent fort emporte les brindilles du cèdre », explique, ému, Moujjane Rahou Mimoune (60 ans environ). Son frère aîné a un enfant malade qui s’appelle Mohamed et est âgé de sept mois. Ce bébé est mourant depuis une semaine. Comme le faisaient au crépuscule de leur vie ceux qui viennent de mourir, il tousse, vomit le peu de lait et d’eau que sa maman l’oblige à ingurgiter, souffre de diarrhées, est fiévreux et ne peut plus relever la tête de jour comme de nuit. Le vieil oncle craint pour les jours de son jeune neveu. Dans le voisinage, d’autres enfants présentent les mêmes symptômes. Ils n’ont le plus souvent comme remèdes que quelques herbes et beaucoup de vaines prières.

« Allah, pitié ! »

« Ces derniers temps, l’hiver est particulièrement froid », confie Rahou Mimoune avec amertume. De ses mains ridées et tremblantes, il désigne la montagne en face pour la prendre en témoin. Au loin, l’horizon tout blanc confirme que la neige dense et éclatante s’étend encore partout. Elle dégage un froid de loup.

D’une voix grave qui couvre le sifflement du vent, le sexagénaire se rappelle un autre hiver tout aussi glacial. En pliant ses doigts l’un après l’autre pour décompter les ans, il se rappelle, les yeux mouillés : « Il y a une vingtaine d’années, « attalja » (la neige) avait tué dans notre région femmes, hommes et enfants ». En 1980, près de 80 personnes ont trouvé la mort dans l’hiver sibérien qu’a connu alors Aghedou, suite à une brusque baisse des températures bien en dessous de zéro.

Pour implorer la pitié divine, Raha Mimoune lève les yeux au ciel éclairé qui semble si proche de sa tête enturbannée et soupire. Au bout d’un long moment de recueillement, il murmure avant de partir dans le froid réchauffer le cœur de son frère : « Amen ! »

Au chevet de Mohamed

Mohamed est parmi une centaine d’enfants qui viennent d’être auscultés par un médecin généraliste (certains disent que ce n’est qu’un infirmier) ayant été dépêché sur les lieux de Tounfit (petit village à 75 km d’Anfgou). Cette mesure a été prise le 29 décembre par le ministre de la Santé. Mais, après la constatation d’une dizaine de cas de décès successifs et semblables.

Les consultations ont été rapides. Elles n’étaient appuyées ni par une quelconque radiologie, ni par aucune analyse. De simples questions ont suffi au soignant pour qu’il remette aux patients des antibiotiques, des sirops et des comprimés. Cette médecine n’a rien changé à l’état de santé de Mohamed ni à celui des autres enfants malades.

Faux diagnostic ?

Sur la base des observations effectuées à la sauvette à Anfgou, le ministre de la Santé a incriminé une pneumopathie causée et aggravée par le froid. Il a rejeté d’une manière formelle l’existence d’une épidémie.

De l’avis de la population locale, ni le ministre ni les représentants de son département à Tounfit n’ont été convaincants. « Leur bilan relève de la magie noire officielle. Parce qu’on ne peut pas expliquer autrement le fait d’établir un diagnostic sans prise de sang ni analyses et sans même le recours à la radiologie », s’insurge un militant de la section de l’AMDH à Tounfit.

Sur le même ton, la section de l’AMDH dans la ville de Khénifra a publié un communiqué qui réclame l’ouverture d’une enquête sur les nombreux décès déplorés à Anfgou.

« Il faut une véritable enquête sur cette grippe aiguë et, pourquoi pas, des autopsies pour définir exactement l’origine de ce mal qui emporte essentiellement les enfants en bas âge », martèle Aziz Akkaoui, secrétaire local de l’AMDH à Khénifra. L’ONG s’active pour que les personnes toujours malades à Anfgou et ailleurs soient sauvées avant qu’il ne soit trop tard. Elle exige une véritable implication des autorités sanitaires dans cette région enclavée où vivent des populations parmi les plus démunies du pays. Pour les défenseurs des Droits de l’Homme de Tounfit et de Khénifra : « plus que le froid, ce qui tue dans tout l’arrière-pays de Khénifra, c’est la marginalisation d’une population qui semble considéré par l’Etat comme inutile. »

En demandant réparation pour les « damnés de l’arrière-pays », la plupart des militants comme certains habitants des zones oubliées de la province de Khénifra rappellent que la cédraie permet à certaines communes rurales de dégager des excédents annuels dépassant souvent un milliard de centimes. Mais cette manne n’a jamais été utilisée pour désenclaver Tounfit et ses régions.

Les camions de l’espoir
Seuls quelques rares camions de 8 tonnes peuvent encore relier Anfgou et les douars voisins (Tirguist, Aghdou, Anmzi et Tighidiouine) au petit bout du monde qu’est la bourgade de Tounfit.

Sur une distance de 75 kilomètres, une quarantaine de passagers traverse durant cinq heures des ornières escarpées sur un véhicule suranné. Ils voyagent entassés les uns sur les autres pour aller acheter leurs provisions de la semaine. Ce parcours périlleux n’est possible que quand la clémence du temps le permet. Quand la route est coupée par la neige ou par l’oued Tougha, la population ne doit sa survie qu’à son esprit exemplaire de solidarité.

« Quand nous nous trouvons coupés du monde pendant des mois, nous nous partageons pommes de terre, pain de sucre, thé, pain... Nous nous partageons tout, même quelques fous espoirs et beaucoup de blagues. Nous procréons aussi beaucoup à ce moment-là », souligne Hammou, un trentenaire qui sait si bien tourner tout et tout le monde en dérision.
La mort frappe à la porte d’Anmzi
Le mardi 9 janvier, un homme dans la cinquantaine est décédé à Anmzi, une localité voisine d’Anfgou (à une vingtaine de kilomètres environ). Le défunt a pris froid il y a peu de temps et son état s’est vite aggravé, selon sa famille.

Ce cas montre que la « maladie mystérieuse » semble se propager. Au vu de son évolution, des médecins contactés à Casablanca n’excluent pas l’hypothèse de l’épidémie.
Télévision : « La Une et la deux, zéro »
« Zéro ! », crient en chœur les jeunes d’Anfgou et de Tounfit pour interpréter le traitement télévisuel que les deux chaînes nationales ont réservé aux décès en série qu’a connus leur région.

À l’arrivée de la caméra de 2M à Anfgou, la population locale a allumé des bougies pour protester en silence sur sa situation lamentable. Mais, cette manifestation spontanée n’a pas été filmée.

Après 2M, un cameraman de la TVM s’est obstiné à rapporter des chiffres faussant la réalité. Pour lui, les décès n’ont guère dépassé onze. Pourtant, à la veille de son arrivée, une famille endeuillée enterrait le petit Mohamed. Il était le 26ème mort.

« Quand je les ai vus arriver à bord du véhicule de la commune de Tounfit, je me suis dit qu’ils ne pouvaient pas dire grand chose sur notre deuil et sur notre misère », regrette, ironique, le père d’une petite fille décédée.
Source : LeReporter.ma
NB: Un grand remerciement à M. Zainabi Mohamed pour le reportage qu'il a effectué

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lundi, janvier 22, 2007

Mahmoud Abbas rencontre Khaled Mechaal à Damas

Le président palestinien Mahmoud Abbas et le chef du Hamas Khaled Mechaal ont entamé dimanche en début de soirée à Damas des entretiens qui devaient porter sur la formation d'un gouvernement d'union nationale, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Moussa Abou Marzouk, membre du bureau politique du Hamas, et Saëb Erakat, négociateur palestinien en chef qui fait partie de la délégation de M. Abbas, en visite à Damas, participent également à la réunion.

Celle-ci est censée ouvrir la voie à la formation d'un gouvernement palestinien regroupant le Fatah de M. Abbas et le Hamas de M. Mechaal.

Des personnalités syriennes et palestiniennes avaient entrepris samedi et dimanche à Damas des efforts de médiation pour permettre cette rencontre entre le président de l'Autorité palestinienne et le chef du bureau politique du Hamas, en exil dans la capitale syrienne.

MM. Abbas et Mechaal ne s'étaient pas rencontrés depuis l'entrée en fonction en mars du gouvernement issu du Hamas après la victoire électorale du parti islamiste aux dépens du Fatah, en janvier.

"La formation d'un gouvernement d'union nationale, des questions visant à consolider l'unité (palestinienne) et des sujets politiques comme l'établissement d'un Etat temporaire palestinien seront au menu", avait indiqué à l'AFP M. Abou Marzouk samedi soir.

Les questions concernant les portefeuilles de l'Intérieur, des Affaires étrangères et des Finances "seront également au menu des discussions", avait-il précisé.

Le Hamas et le Fatah sont à couteaux tirés depuis l'annonce par M. Abbas le 16 décembre de sa décision de convoquer des élections anticipées, après l'échec de six mois de discussions sur la formation d'un gouvernement d'union nationale.

Les violences partisanes ont fait depuis la mi-décembre plus de trente morts mais ont pratiquement cessé ces derniers jours.

Arrivé samedi à Damas pour une visite de deux jours, M. Abbas s'est notamment entretenu avec le président syrien Bachar al-Assad.

Sa dernière visite en Syrie remonte à juillet 2005.

Par AFP
Source : Yahoo! Actualités

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