mercredi, décembre 17, 2008

Le "scandale Madoff" secoue la planète financière

La banque néerlandaise Fortis a annoncé lundi qu'elle pourrait perdre jusqu'à un milliard d'euros, la banque française BNP Paribas pourrait perdre 350 millions d'euros, Natixis, filiale des groupes Caisse d’Epargne et Banque Populaire, 450 millions d’euros, et la Société Générale moins de 10 millions d’euros : les banques du monde entier publient les unes après les autres leurs pertes potentielles, liées à la fraude présumée de Bernard Madoff, évaluée à 50 milliards de dollars.

Ancien patron du Nasdaq et considéré comme un des gérants financiers les plus influents de la Bourse de New York, il est accusé d'avoir mis en place une gigantesque fraude pyramidale. Cet homme de 70 ans a été arrêté par le FBI. Il encourt 20 ans de prison et une amende pouvant atteindre cinq millions de dollars.

De Tokyo à l'Europe en passant par les Etats-Unis, des établissements bancaires de la planète, des fonds d'investissements et des fortunes personnelles font leurs comptes, après la révélation en fin de semaine d'un gigantesque scandale financier, à Wall Street. La fraude présumée de 50 milliards de dollars risque d’avoir des répercussions sur des banques européennes. Et notamment en France. C'est par centaines de millions que les grandes banques internationales chiffrent leurs pertes potentielles.

Dés dimanche soir BNP Paribas a déclaré qu'elle pourrait perdre 350 millions d'euros, précisant n'avoir pas investi directement dans les fonds spéculatifs du gérant mais être exposée via "ses activités de marchés" et les prêts qu'elle a accordés à certains fonds qui ont en revanche investi dans les "hedge funds" (fonds spéculatifs) de Bernard Madoff. Natixis, filiale de la Caisse d'Epargne et de Banque Populaire, pourrait perdre jusqu'à 450 millions d'euros, ce qui en fait pour l'heure la banque française potentiellement la plus touchée. Natixis a investi pour le compte de sa clientèle "dans plusieurs fonds de réputation internationale", qui ont "délégué la conservation de ces titres" chez Madoff en sa qualité de courtier. La perte finale "dépendra à la fois du degré de recouvrement des actifs déposés" en son nom et "de l'issue des voies de recours notamment judiciaires dont dispose la banque dans cette affaire". La Société Générale a évalué lundi "à moins de 10 millions d'euros" les pertes liées à cette escroquerie du gérant de fonds américain Bernard Madoff, tout comme le Crédit Agricole.

Les banques françaises ne sont pas les seules touchées. La banque franco-belge Dexia pourrait perdre 85 millions et ses clients fortunés pourraient perdre pour leur part 78 millions d'euros. La banque franco-belge Dexia pourrait perdre 85 millions d'euros et ses clients fortunés pourraient perdre pour leur part 78 millions, a-t-elle annoncé lundi dans un communiqué.

La première banque espagnole Santander a également annoncé dimanche que les clients de son fonds spéculatif Optimal étaient exposés à hauteur de 2,33 milliards d'euros. Santander, deuxième banque européenne par la capitalisation, a ajouté qu'elle avait investi 17 millions d'euros pour son propre compte dans des produits de Madoff. L'autre grande banque espagnole, BBVA est exposée à hauteur de 300 millions d'euros sur les fonds Madoff. En Grande-Bretagne, le fonds Man Group a indiqué avoir environ 360 millions de dollars investis dans deux fonds gérés par Bernard Madoff. Selon le Financial Times, la banque HSBC pourrait avoir une exposition d'un milliard de dollars. Royal Bank of Scotland a évalué ses pertes liées à la fraude à 400 millions de livres (environ 460 millions d'euros). Les suisses UBS et Credit Suisse ont affirmé n'avoir pas d'exposition "matérielle" à cette fraude tandis que la première banque italienne, UniCredit, a indiqué être exposée à hauteur "d'environ 75 millions d'euros".

La société financière japonaise Nomura Holdings estime ses pertes potentielles dans cette affaire à environ 27,5 milliards de yens (225 millions d'euros). Elle juge toutefois "l'impact relativement limité"sur ses finances compte tenu des sommes qu'elle gère. Les autorités sud-coréennes ont annoncé que les institutions financières et compagnies d'assurance du pays étaient exposées à hauteur de 95,1 millions de dollars américains à l'escroquerie. Par ailleurs, la banque néerlandaise Fortis a annoncé lundi qu'elle pourrait perdre jusqu'à un milliard d'euros.

Pendant des décennies, Bernard Madoff a été l'un des piliers de Wall Street, à la réputation impeccable, fréquentant les milieux influents et cultivant une liste de clients exclusifs. Arrêté jeudi, ce célèbre gestionnaire de fonds de Wall Street et ancien président du conseil d'administration du Nasdaq, l'une des deux grandes bourses de New York, est accusé d'avoir monté une gigantesque fraude pyramidale portant sur quelque 50 milliards de dollars. Un nouveau coup dur pour la crédibilité de la finance, déjà malmenée par la crise. L'escroquerie a été mise au jour lorsque ses clients ont voulu retirer le capital qu'ils avaient placé et découvert que les coffres du gérant étaient vides. Bernard Madoff avait toujours obtenu de forts retours sur investissements, mais en utilisant pour ces anciens clients des fonds frais apportés par de nouveaux clients. Des entreprises inconnues ou presque réalisaient ses audits. S'adressant à son personnel, l'homme d'affaires de 70 ans a déclaré qu'il "était fini, n'avait plus rien", ont indiqué jeudi le parquet de New York et le FBI. Il a été libéré contre une caution de 10 millions de dollars.


Source : Europe1.fr

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